
Salagou, janvier 2010
Je ne sais ce qu’est le temps. Je ne sais quelle est sa vraie mesure, si toutefois il en possède une. (…)
Il me semble parfois que tout est faux, et que le temps n’est qu’un simple contour, servant de cadre à quelque chose qui lui est étranger. Dans le souvenir que je garde de ma vie passée, les temps sont disposés selon des plans et des niveaux absurdes, et je me retrouve plus jeune dans tel épisode de mes quinze ans solennels qu’en tel autre de mon enfance, assis au milieu de mes jouets.
Ma conscience s’embrouille lorsque je pense à ces choses. Je pressens une erreur quelque part ; mais je ne sais où elle se trouve. Il me semble assister à un tour de prestidigitation, devant lequel je saurais bien que je suis dupé, mais sans pouvoir deviner la technique ou le mécanisme de cette duperie.
Fernando Pessoa, Le Livre de l’intranquilité
la glace en vol plané renversent les arbres
Déjà que la glace par ici, elle ne dure pas longtemps, quand en plus elle passe en vol plané, c’est pas le moment de rater ça !
Quand le poème affleure le verre
quand la glace cède sous le rêve
alors il faut briser sans hésiter
barrières et miroirs